Développement personnel

Addiction au travail : témoignage d’un accro du boulot

Homme sur une chaise de bureau dans un parc avec un ordinateur sur les genoux

Journaliste spécialisé en multimédia et auteur, José Roda travaille du lundi au dimanche, 15 heures par jour. Addict au travail, il affirme qu'il ne changerait pour rien au monde.

« Attention, prévient la psychologue Annie Debard, la dépendance au travail ne dure qu'un temps et peut avoir des conséquences sur la santé. »


Travail et santé, un mauvais cocktail ?

Non, une question d'équilibre.
« Je ne décroche jamais. J'ai trois ordinateurs dans mon bureau, deux autres à la maison, un ultraportable pour rester en prise permanente avec mon activité, notamment dans mon lit le soir quand je me couche. Je travaille 7 j/7 environ de 7 h 30 du matin à 23 heures. Les seules pauses que je m'accorde sont pour conduire mon fils à l'école et prendre le goûter avec lui », raconte José Roda.
« J'en tire un plaisir indéfinissable et je ne changerais pour rien au monde… Travailler ainsi, se charger au maximum, c'est relever un défi permanent, aller au bout de soi, de ses capacités physiques et intellectuelles, et c'est vraiment grisant », poursuit-il.

Attention à l'isolement social

« Comme toute addiction, la dépendance au travail peut être tout à fait bien vécue », déclare Annie Debard. « Le souci est qu'elle conduit souvent à un isolement social. On se désinvestit de sa vie personnelle et on n'a plus de relations extra-professionnelles. »
José Roda confirme : « Je n'entretiens aucune relations autres que professionnelles. Pour ce qui est de la vie familiale, même si ma femme se plaint de temps à autre de mon absence (psychique plus que physique puisque j'exerce mon activité à domicile), elle sait que je m'éclate dans ce que je fais. Et elle me préfère heureux débordé, que dépressif quand je suis oisif. »

« J'ai toujours été comme ça »

« J'ai toujours été comme ça, dans tout ce que j'ai pu faire, quelles que soient mes activités professionnelles », précise J. Roda. « A l'école déjà, j'étais boulimique de production. J'ai toujours eu besoin de toucher à beaucoup de choses en même temps. Sans doute une façon de me sentir vivant… J'ai besoin d'être occupé et débordé en permanence pour me sentir équilibré. »
Selon Annie Debard, c'est une situation qui peut difficilement tenir dans la durée, et qui peut entraîner des pathologies réactionnelles. « Si l’on doit faire face à un licenciement ou un changement dans son travail, tout le monde qu'on s'est construit s'écroule », précise la psychologue.
Il est toujours bon d'avoir d'autres ressources en cas de coup dur.

25/11/09
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Derniers commentaires
vero , le 09.02.2010  -  où est la limite ? qui peut et qui doit la mettre  
J'ai toujours beaucoup travaillé, de mon plein gré, et aussi par obligation (projet à échéance ...). Travailler a souvent été un plaisir, et j'ai du mal à fixer une limite quand il y a un vrai plaisir, j'ai envie d'aller au bout. Mais quand la pression est vraiment trop forte, c'est le calvaire. Le plus dur pour moi ce n'est pas (trop) travailler, c'est travailler dans un climat pourri, un climat de délation, de compétition exacerbée : ça c'est le vrai stress, la vraie démotivation, la vraie angoisse. Je vieillis et je constate que ce climat là est de plus en plus fréquent !
Thierry4483 , le 18.01.2010  -  Trop travailler peut déplaire à sa hiérarchie  
Eh oui vous avez bien lu. Pour l'avoir expérimenté : ne pas avoir de limite de travail et d'implication, repousse nos propres limites au point d'arriver parfois à vexer notre hiérarchie par le fait de devenir incollable dans son domaine. Résultat au bout de quelque temps : un désaccord profond car j'arrive à des prises de décision archi-justifiée,et si l'on n'est pas le chef, mais que l'on est donc incollable, mais avec un point de vue différent (donc on fatigue son chef!)... cher collaborateur veuillez prendre la porte ! c'est du vécu, trop travailler peut nuire à son propre travail, sans compter que pendant ce temps là, l'entreprise perdure dans son innéficacité, car nous comblons aussi toutes les lacunes et les bugs par notre sur-investissement de l'organisation pour laquelle nous travaillons (ah ah !! bien sur ça au début ça plaisait bien au chef).
Géradine 37 , le 15.12.2009  -  Travailler son image professionnelle ?  
Je pense que la plupart des personnes qui se disent workalcoholic font ça pour des questions d'image... envoyer des mails pendant le we ou alors très tard le soir, ça montre :
- qu'on est super motivé
- qu'on a une grosse puissance de travail
Le workalcoholism est bien vu par la hiérarchie et les employeurs non ?
Virgin15 , le 15.12.2009  -  Mes amis Workaholics  
J'ai plusieurs amis addict au travail et je n'ai pas vraiment l'impression que cela ait été un choix délibéré...mais plutôt la conséquence d'une pression de l'entreprise.
Adel-lola , le 15.12.2009  -  Peu convaincant !  
Il me semble que le bonheur est dans l'action et la maîtrise, soit, mais aussi dans la contemplation et les relations aux autres... je ne crois pas que le surmenage ou l'hyperactivité intellectuelle puisse combler une personne...tout au plus la divertir de ses véritables questions et aspirations.
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