Découvrez les intentions positives des émotions négatives

Une femme en colère ou qui panique

Comment expliquer que, face à une situation menaçante ou très contraignante, certaines personnes paniquent, se sentent angoissées, alors que d’autres restent calmes et constructives ?

La vie pourrait être comparée à un océan. En surface, alternent des moments de plénitude (il fait beau, tout est lisse à l’horizon), et des moments d’agitation d’intensité variable (des clapotis, des vagues, et parfois des tempêtes).


Au sein de cet océan cohabitent 3 espèces. Le requin, qui a appris à refouler ses émotions pour, croit-il, garder le contrôle de sa vie. La carpe, elle, subit ses émotions négatives et espère que celles-ci passeront le plus vite possible. Et enfin, le dauphin : cette dernière espèce a compris que toutes ses émotions étaient bienveillantes pour elle. A ce titre, elle ne les craint pas et a appris à en tirer profit.

Si vous désirez « développer le dauphin qui est en vous », gagner en sérénité et en confort de vie, il vous faut apprendre ce que sont les émotions négatives et les messages bienveillants qui y sont associés.

Comprendre ce que sont les émotions

On dénombre généralement 4 émotions principales. Une positive, la joie, et 3 négatives : la peur, la tristesse et la colère.

Les émotions négatives ont une fonction très importante qu’il convient d’intégrer. Elles ont pour objectif de vous faire réagir ! Contre toute attente, elles sont donc bienveillantes.

Face à une situation contraignante ou menaçante, le processus d’adaptation instinctif consiste à adopter une de ces 3 positions : le combat, la fuite ou la soumission. Bien évidemment, aucune de ces réactions n’est positive pour soi.

La théorie du « cerveau triunique », développée par le médecin et neurobiologiste Paul Mc Lean en 1970, a permis de comprendre que chaque être humain est doté de 3 cerveaux, en interaction permanente :
- le reptilien : siège de la survie, responsable de l’action,
- le limbique : siège de l’émotion et de la relation,
- le néocortex : siège de la réflexion, responsable de l’adaptation.

D’autres travaux ont également mis en évidence la séquence type de mobilisation de ces 3 sphères :

- en premier, le limbique : ce que nous ressentons,
- en second, le néocortex : ce que nous nous disons,
- en dernier, le reptilien : ce que nous faisons.

En général, l’émotion survient en premier, ayant un impact sur notre réflexion et conditionnant notre réaction physiologique.

Par exemple, quand on s’aperçoit que l’on a commis une erreur, nous ressentons plusieurs sensations (angoisse, culpabilité…), qui vont nous amener à développer certaines pensées (je suis nul, je vais me faire sanctionner), et déclencher certaines réactions (je vais cacher mon erreur, je vais me mettre à trembler, je vais faire en sorte d’éviter de croiser le chemin de mon responsable).

Pour éviter de subir trop longtemps ce processus, il suffit d’en modifier l’ordre dès que vous en prenez conscience. Car si nous savons généralement pourquoi nous ressentons des émotions négatives, personne ne nous a appris ce qu’il convient de faire pour ne plus en être l’otage.

Diminuer l’impact d’une émotion négative suppose d’actionner le raisonnement, et cela s’apprend.

Etre à l’aise avec ses émotions nécessite de comprendre ce qui les a provoquées. Voici ce qui déclenche les 3 principales émotions négatives :

- la peur : la perception qu’une menace va bientôt arriver,
- la colère : le franchissement par une personne ou par soi-même d’une limite (valeur, règle…),
- la tristesse : le sentiment de perdre ou d’avoir perdu quelque chose ou quelqu’un d’important pour soi.

Accepter ses émotions

Vouloir se débarrasser d’une émotion négative est sans conteste une erreur. Nombreuses sont les personnes qui les rejettent par des « même pas peur », « même pas mal » ou « je verrai cela plus tard ».

Si refouler une sensation désagréable, provoquée par un évènement ponctuel, peut tout à fait être une solution : par exemple, il m’a fait une queue de poisson, j’ai eu peur, il m’a mis en danger, je suis en colère, j’appuie à fond sur le klaxon. Il n’en est pas de même avec des sentiments dont l’intensité est tellement forte, que l’émotion négative réapparaîtra ultérieurement, sous une forme ou une autre.

Il en est ainsi pour les personnes qui se mettent fréquemment en colère, qui vivent dans le doute permanent ou qui ressentent une mélancolie lancinante depuis de longues années.

Aussi désagréables soient-elles, les émotions négatives sont là pour vous protéger. Les accepter revient à diminuer leurs impacts, les prendre en considération permet de se mettre en mouvement.

Il existe une multitude de techniques qui permettent de sortir de cet état désagréable et limitant. Nous vous présentons un protocole centré sur la réflexion, qui permet de sortir rapidement des effets négatifs de certaines émotions par la sélection d’actions constructives.

Tirer profit des émotions négatives

Pour transformer une émotion négative en action positive, il vous suffit de répondre aux 5 questions suivantes. Nous avons pris comme exemple une émotion négative : la culpabilité.

1. « Quelle est l’émotion négative que je souhaite gérer ? » : la culpabilité

2. « Sélectionnez une expérience récente où vous avez vécu cette émotion » :

J’ai remis à mon responsable un rapport avec 3 jours de retard et je me suis senti coupable.

3. « Quels sont les différents ressentis qui composent cette expérience émotionnelle ? »

- l’angoisse de se faire sanctionner,
- la honte de ne pas avoir respecté son engagement,
- la colère intérieure, de ne pas avoir tenu les délais.
 
4. « Quels sont les messages positifs de changement face à chacun de ces ressentis ? »

- face à l’angoisse : provoquer la rencontre pour s’expliquer plutôt que d’attendre une éventuelle sanction,
- face à la honte : accepter qu’il puisse arriver de ne pas pouvoir respecter sa promesse,
- face à la colère intérieure : assouplir son niveau d’exigence dans certaines circonstances.

5. « A l’avenir, quelles actions pourriez-vous mettre en œuvre ? »

Face à l’angoisse : prévenir mon responsable de ma difficulté à respecter le délai prévu malgré tous mes efforts (communication émotionnelle).

Face au manquement à sa parole : expliquer à mon responsable les raisons des risques de mon retard, s’en excuser et lui demander son avis

Face à la colère intérieure : accepter de ne pas toujours pouvoir être parfait et identifier ses axes de progrès, en l’occurrence :
- être moins centré sur les détails, pour réduire le temps de traitement,
- refuser de suspendre mon travail pour réaliser des travaux qui n’étaient pas prévus. Et si ce n’est pas possible, prévenir mon responsable.

Soyez auteur et acteur de votre épanouissement

Adopter ce protocole est source d’apprentissage pour soi et dans sa relation aux autres.

Identifier les intentions positives des émotions négatives, puis poser des actions permet d’acquérir de nouvelles capacités et de développer de nouveaux comportements.

Tel le dauphin, apprenez à accepter toutes vos émotions : elles sont normales et légitimes. Vous avez à présent connaissance d’une technique qui vous permettra d’optimiser votre aptitude à aborder les vicissitudes de la vie avec davantage de sérénité et de confiance en vous.

Francis Boyer, Coach, formateur et consultant en innovation sociale
22/10/10
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