Déstressez… faites le plein !

Homme d'affaires en position tailleur sur une pelouse

Dans nos univers de travail, de transports, et parfois même de famille, de plus en plus stressants, chacun de nous cherche à gagner des moments de sérénité. Pour faire face au stress, un exercice simple existe et peut être appliqué en toute circonstance… Testez-le ! Mais avant cela, quelques explications sur le bonheur, la sérénité et le stress.

Chacun de nous aspire au bonheur, mais qu'est-ce que le bonheur ?

Le bonheur est en quelque sorte la résultante du plaisir et de la sérénité : la sérénité est la capacité à garder son calme en situations difficiles, d'échec ou de souffrance. Cela suppose un apprentissage, qui peut être facilité par des techniques et philosophies de connaissance de soi développées au fil des siècles (comme l'approche bouddhiste) ou des dernières décennies écoulées.


Que se passe-t-il dans le cerveau de celui qui vit avec sérénité ?

Pour mieux comprendre les mécanismes cérébraux qui sous-tendent notre capacité à rester serein, des chercheurs ont utilisé l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, qui permet de « voir le cerveau qui pense » et les territoires les plus actifs lorsque l'on effectue une tâche. Il est alors apparu qu’un territoire cérébral est plus particulièrement sollicité : c'est le néocortex préfrontal, partie la plus récente et « intelligente » de notre cerveau située juste derrière notre front, qui coordonne la prise de recul, la capacité d'acceptation et de résolution de situations difficiles ou inconnues. La sérénité est ainsi associée à cette sollicitation du néocortex préfrontal.

Que faire pour retrouver sa sérénité lorsque nous sommes stressés ?

L’approche bouddhiste, avec notamment la méditation tibétaine, et d’autres approches plus récentes ont élaboré des méthodes et exercices pour prévenir le stress et cultiver la sérénité.
Prenons par exemple l’un des exercices de l’Approche NeuroCognitive et Comportementale (développée par l’IME), en l’occurrence l’exercice dit « du mélomane », que je vous propose de faire en direct.

Imaginez que vous êtes dans une salle de concert, que l'orchestre va bientôt commencer à jouer, mais que vous adoptez déjà l'attitude du mélomane. Autrement dit, vous fermez les yeux (ou non, comme vous voulez) et vous écoutez tous les sons en même temps, de façon symphonique, comme un paysage sonore, sans chercher à maîtriser, mais plutôt en essayant de les accepter tous comme faisant partie de l'orchestre des sons : les voix, les bruits autour de vous, même ceux qui vous dérangeaient juste avant.
Que ressentez-vous ? Un calme intérieur, un calme qui peut devenir très intense avec un peu d'entraînement. C’est sans doute pour cela que l'on a dit que « la musique adoucit les mœurs ». En fait, c'est plutôt l'attitude du mélomane qui adoucit les mœurs, plutôt que la musique elle-même. Or, nous pouvons adopter une telle attitude d'ouverture vis-à-vis de tout : de soi, des gens, des choses, des situations, de tout ce qui nous dérange ou nous plaît.


Pourquoi « faire le plein » relaxe-t-il autant ou plus que « faire le vide » ?

Parce que nous sollicitons les territoires du cerveau qui sont capables de gérer les situations « hors contrôle » et même d'en tirer parti.
Autre exemple, si nous nous énervons avec notre conjoint, notre enfant ou un collègue, c'est sans doute parce que nous n'acceptons pas à cet instant ce qu'il est, et/ou que nous ne nous donnons pas les moyens d'ouvrir un vrai débat. Bref, notre propre incohérence est la cause de notre stress bien plus que l'attitude d'un autre. C'est pourquoi nous pouvons apprendre, assez rapidement, à agir dessus.

Le bonheur est-il alors à la portée de tous ?

Des expériences ont été réalisées avec des élèves pilotes militaires (études menées par l’IME en coopération scientifique avec l'Institut de Recherche Biomédicale des Armées - Antenne IMASSA) confrontés en simulateur de vol à des situations extrêmement difficiles, après avoir été formés à quelques exercices tels que celui dit « du mélomane ». Les résultats obtenus ont montré que ces exercices leur permettaient non seulement d'éviter le stress, mais aussi de faire 2 fois moins d'erreurs et d'avoir 5 fois plus d'initiatives positives.
Le bonheur n'est donc pas réservé à ceux qui ont de la chance, il est accessible à ceux qui n'en ont pas. C'est sans doute ce que l'on appelle la sagesse.

Jacques Fradin, Médecin, Directeur
15/04/10
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