Le flow : un état second pour un mieux-être assuré

Un homme qui lève les bras au ciel dans un champ

Nous sommes dans un buzz permanent. Nous courons toujours plus, nous zappons, nous « shiftons », nous tournons comme des hélices, et même nos enfants portent les symptômes de nos névroses. Ils sont de plus en plus nombreux à développer une hyperactivité brouillonne, sorte de maladie des temps modernes qui leur interdit toute concentration et les inscrit dans un tempo peu structurant.

Nos existences donnent la première place au « faire » et les temps de nos vies ressemblent à un tableau de chasse où nous épinglons nos trophées : quelques poncifs version « people », faire la Grèce ou la Tanzanie, trekker, rafter, bouger pour se sentir en vie. Une fuite en avant où nous ne prenons plus le temps de sentir, d’éprouver ou tout simplement d’être en accord avec nous-mêmes.


Ce sont probablement ces dérives qui renversent la tendance et remettent au goût du jour le « un temps pour chaque chose, et chaque chose en son temps ». Le paradigme du « fast » a subrepticement changé et nous renvoie à un nouveau modèle : celui du slow certes, mais aussi celui du « flow ». Alors si la polychronie nous disperse et nous éclate, qu’en est-il de la concentration et que peut nous apporter l’expérience du flow ?

Que signifie le terme « flow »?

Littéralement le flux en anglais, il constitue l'état mental atteint par une personne lorsqu'elle est complètement immergée dans ce qu'elle fait, avec un état maximal de concentration, proche d’un bien-être intense et fugace, boostant notre motivation et réactivant nos talents. C’est le psychologue hongrois, Csikszentmihalyi qui, dans les années 70, a réalisé plusieurs études sur le plaisir ressenti par les artistes en l’absence de stimulations externes, sorte de jouissance intérieure incarnée dans un temps suspendu.

Comment se traduit le flow ?

La personne éprouve une sensation d’accomplissement lors de la mise en œuvre de ses compétences associées à un défi raisonnable. Une véritable adéquation intervient entre les capacités qu’il déploie et les tâches qu’il réalise. Si les compétences ne sont pas au rendez-vous, le stress prendra le pas face à la possibilité d’un échec. Et à contrario, si la tâche est trop facile, l’ennui et le désintéressement s’installeront. Le flow se décline dans une valse à 4 temps :
- FlowD1 : l’absorption cognitive
- FlowD2 : la perception altérée du temps
- FlowD3 : la dilatation de l’ego ou absence de préoccupation de soi
- FlowD4 : le bien-être

Quand ressentons-nous le flow ?

Lorsque nous nous sentons sûrs de nos compétences et que nous sommes prêts à prendre des risques sans nous mettre en danger et tout en déployant nos talents, alors nous vivons un bien-être intense. Le flow nous rend heureux et nous fait vivre un moment de concentration absolu. Nous sommes rivés sur le « aujourd’hui et maintenant », autocentrés sur la tâche à accomplir, dans un état de béatitude, d’apnée, comme sur un petit nuage, qui fait dire aux sportifs de haut niveau qu’ils sont « dans la zone ». Le flow laisse une impression flottante de satisfaction du travail bien fait, tout en nous focalisant sur l’action.

Les chercheurs nous expliquent que « plus une activité fait appel à nos talents et plus nous prenons plaisir à l’exercer et à la réussir, si elle comporte un minimum de défi ». Voilà sans doute pourquoi les gens passionnés mènent avec brio leurs projets. « Le monde ne sera heureux que quand tous les hommes auront des âmes d'artistes, c'est-à-dire quand tous prendront plaisir à leur tâche ». Dans cette phrase de Rodin nous retrouvons les fondamentaux du flow.

Comment atteindre l’état de flow ?

Installer bien-être et performance ne se réalise pas spontanément, mais se construit patiemment, jour après jour. C’est un état transitoire et non permanent qui participe du développement de la personne, tout en la maintenant dans des dispositions jubilatoires et créatives, « qui nous confèrent un sentiment d’appartenance à un tout plus vaste que nous-mêmes » (Csiksentmihalyi, 2006).

S’exercer à ressentir le flow, c’est avant tout apprendre à se concentrer sur une action précise, et s’entraîner au quotidien en créant une image mentale que nous nous obligerons à fixer, sans détourner notre attention. C’est par exemple, visualiser une bougie, et se focaliser sur la couleur de la flamme qui danse en laissant exploser toutes ses perceptions sensorielles. C’est s’extraire du monde extérieur pour mieux se retrouver. C’est se réapproprier son temps, en se laissant captiver par le présent, et s’inscrire dans une notion de plaisir dans l’action.

Catherine Berliet, Consultante en développement personnel
29/06/11
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