Gagner du temps

On chante comme on parle

Une femme qui chante

Chanter la Traviata lors d’une réunion ou pour une intervention lors d’un séminaire pourrait paraître trop décalé. En revanche, parler comme si on chantait de l’opéra assure d’être écouté et de transmettre dans les meilleures conditions.

Pourquoi chante-t-on ?

Pour le  plaisir.

Cette réponse vient spontanément car le fait de chanter est associé à une intuition très positive. Elle repose sur notre nécessité vitale d’exprimer une émotion, et de surcroit, d’utiliser la puissance expressive de la voix à cet effet. En somme, chanter c’est se sentir en vie.
Parler, comme chanter, c’est avant tout exprimer une émotion. Parler sans émotion génère ennui et non-sens, tout comme entendre un chanteur interpréter sans exprimer d’émotions.


Qu’est ce que « bien » chanter ?

Bien chanter, c’est avant tout créer une relation entre le chanteur et ceux qui l’écoutent. Certes, on peut chanter seul, sous sa douche, comme on peut parler seul. Mais la solitude n’est pas toujours une bonne compagnie. On a besoin de rencontres, d’écoute pour échanger, s’exprimer, s’enrichir et s’unir.

Quand on chante ou parle, l’objectif premier c’est « l’autre » : public, auditoire, interlocuteur. Bien que plus rare en écoutant un chanteur, on se dit souvent en réunion ou lors d’entretiens : « il s’écoute parler, il est trop long ». Celui qui parle n’est pas concentré, il parle pour lui. C’est la différence entre exhibition et transmission à l’oral. Chanter, parler, c’est donc dans un premier temps faire naitre cette sensation chez celui qui vous écoute : « il me parle, il me chante ».

Notre capacité de mémorisation à l’oral est souvent limitée. L’écrit a été inventé pour se rappeler des informations factuelles (données, chiffres, idées..). A quoi sert donc d’utiliser le vecteur de la voix pour communiquer ? Pour sa spécificité qui est celle de transmettre dans l’immédiateté d’une prise de parole : l’émotion. A l’issue d’une intervention orale, on retient principalement l’énergie (c'est-à-dire l’ensemble des émotions) de celui qui a parlé. Etre performant à l’oral, c’est donc être expressif et transmettre son énergie à son interlocuteur ou à son auditoire.

Chanter, parler c’est faire naitre le sentiment que l’on s’adresse à quelqu’un, et simultanément soutenir son verbe d’intentions émotionnelles claires.

Vivre ses prises de parole comme un opéra

« J’ai un rendez vous avec un client », penser plutôt : «  je chante en duo avec mon client ».
« J’ai un discours à faire lors d’un congrès », penser plutôt : «  j’ai une représentation lors d’un congrès ».
« J’anime une réunion », penser plutôt : «  je suis en concert avec mes collaborateurs ».

Pour parler, comme pour chanter, encore faut-il avoir quelque chose à dire ou une partition à chanter.
A l’Opéra, les histoires sont souvent relativement simples : «  Je l’aime – Elle m’aime – Mais un autre l’aime – En plus ses parents ne veulent pas que je l’épouse…».  Il y a peu d’informations factuelles à mémoriser. Le plus important réside dans l’exposition et la transmission émotionnelle grâce à la musique géniale d’un Mozart ou d’un Verdi.

En revanche, transmettre et faire mémoriser des informations factuelles dans un environnement professionnel nécessite un travail de rédaction synthétique, intelligible, voire pédagogique. Mais si on dispose d’un tel texte, encore faut-il le dire avec une performance émotionnelle. Par exemple, la bonne ou mauvaise nouvelle ne repose pas que sur un chiffre, mais c’est l’expressivité de la voix qui va permettre de comprendre de quelle nature est ce chiffre. Ainsi, il est primordial de préparer son contenu à transmettre à l’oral.

Capter l’écoute de son auditoire et entretenir cette écoute nécessite de parler avec une voix projetée et expressive, pour rendre compréhensible les émotions transmises. In fine, c’est faire en sorte que ceux qui écoutent pensent : « je sens qu’il me parle. Il s’est intéressé à moi. Il m’a donné son énergie. Je comprends ses émotions. » Mais aussi : « j’ai confiance en lui. Je passe une commande dans sa société… ». 

Le chanteur, l’orateur, un même trésor : la voix !

« Chanter de l’opéra ? Moi vivant, jamais ! Je chante faux, ma voix est une horreur quand je l’entends enregistrée. J’ai une petite voix et elle se fatigue vite. Je ne l’aime pas !».
Que de croyances venant inhiber nos capacités vocales ! Savoir chanter est pour la plupart du temps perçu comme un don. Avoir une belle voix serait associé à l’inné. Pourquoi ? Car on ignore comment fonctionne la voix, perdant ainsi la capacité d’utiliser ses multiples potentiels. On renonce au plaisir du chant. On éprouve des difficultés à s’exprimer face à un auditoire. Pourtant, le chant est à la portée de tous et nécessite simplement une technique appropriée, comme bien s’exprimer fait appel à des techniques vocales spécifiques et très rapidement accessibles.

Le fonctionnement de la voix peut s’apparenter à un instrument de musique. Par analogie, elle fonctionne comme un violon. Les cordes du violon vibrent à l’aune des cordes vocales. L’archet du violon est le souffle. Le corps en bois du violon est le visage. Ce qu’on entend de sa voix quand on parle est la vibration des résonateurs de son visage, comme le corps en bois du violon vibrant sous l’action de l’archet sur les cordes. Nous sommes tous notre propre instrument dont on peut rapidement développer le potentiel !

Alors, engagez-vous en parlant et prenez du plaisir avec votre voix !

Jean-Jacques Lapierre, Coach en communication orale
04/07/11
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