Burn-out, « pétage de plombs » ou karoshi : comment faire face à l’hyperstress ?

un homme qui crie au téléphone

L’hyperstress est une forme de stress très toxique et très dangereuse. Je suis par exemple, un cadre d’entreprise où les projets s’accumulent avec des échéances de plus en plus courtes, avec une pression du management de plus en plus forte et j’y fais face de moins en moins bien.

 Je suis tendu en permanence, surmené et constamment fatigué. Mon corps et mon cerveau ont du mal à suivre. J’ai l’impression de ne plus y arriver. Je ramène sans cesse du travail à la maison. Un sentiment d’échec m’envahit, je suis frustré et insatisfait de moi. Je deviens irritable et triste. Mes proches me regardent avec inquiétude. Je sens bien que je m’approche d’une zone dangereuse, mais je n’ai plus assez d’énergie pour réagir.


Signal d’alarme

Ce stress est un signal d’alarme qui m’alerte sur les limites que je ne peux pas dépasser, compte tenu de mes résistances physiologiques et mentales. Si je franchis ces limites, soit par overdose de ces éléments, soit parce qu’une autre source de stress s’est ajoutée, comme un souci familial ou un pépin de santé, je vais entrer dans des turbulences que je risque de ne pas pouvoir contrôler, jusqu’au « pétage des plombs », au « burn-out » ou comme disent les japonais au « karoshi ». 

Quand les lignes de défense immunitaire cèdent

Pourquoi cet hyperstress est-il dangereux s’il dure trop longtemps ? Parce qu’il inhibe les résistances immunitaires, sans doute dans le but d’économiser l’énergie pour affronter en priorité la situation d’urgence, nécessité plus pressante du point de vue de la survie. Toutes les lignes de défense immunitaire cèdent alors les unes après les autres et le corps n’a plus aucune protection.

L’hyperstress est l’émotion dont les rapports avec la maladie ont été le mieux prouvés scientifiquement : troubles gastro-intestinaux, vulnérabilité aux infections virales, au virus du rhume, à celui de la grippe, de l’herpès, de l’eczéma, formation de plaques et de caillots de sang, accélération du diabète, crises d’asthme, ulcération de l’appareil digestif, hypertension, dépression, cancer, infarctus, suicides…

Agir sur la source de l’hyperstress

Vouloir contrôler un hyperstress est absurde puisqu’il s’agit d’un signal d’alarme que nous envoie notre corps. Si je supprime ce signal d’alarme, il n’y aura plus aucun garde-fou. La sagesse dans ce cas est non de bloquer les signaux d’alarme avec des cache-misère comme des calmants ou de la relaxation, mais au contraire de les mettre au clair, grâce à des soutiens extérieurs attentifs et lucides (soutiens familiaux, amicaux ou professionnels).

Et la seule solution est d’agir sur la source même du stress, en changeant radicalement la situation, en revenant à des défis et à des emplois du temps plus réalistes, qui tiennent mieux compte de ses limites personnelles. On peut aussi se décentrer des causes de stress, en pratiquant une activité physique intense, en faisant du sport, en s’investissant dans une cause humanitaire, en faisant du bénévolat. Il n’y a pas d’autre solution… avant le karoshi.

Henry Ranchon, Coach, Universitaire
12/05/10
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