Faciliter le retour au travail des salariés après un cancer

Un homme qui sert la main à son collègue

Perte de l’estime de soi et de la confiance, fragilisation psychique et physique, risque de mise à l’écart du collectif de travail… Pour un collaborateur victime d’un cancer, les freins à la reprise d’une activité sont nombreux. D’où la nécessité, au niveau du top management, de tout mettre en œuvre pour faciliter le retour de ces personnes dans l’entreprise.

Lever les freins à la réinsertion professionnelle

Près de 80% des personnes actives soignées pour un cancer reprennent leur travail après la maladie, selon une récente enquête présentée à l’Institut Curie. Ce score encourageant cache néanmoins une réalité moins rose. En effet, la réinsertion socioprofessionnelle de ces anciens malades n’est pas aisée. Outre leurs propres craintes liées au regard des autres et au sentiment de ne plus pouvoir assumer leurs responsabilités, ces collaborateurs peuvent devenir l’objet de discrimination, après leur retour dans l’entreprise. Après de longs mois d’absence, le risque de rétrogradation est également possible…

Envisager un temps partiel

L’étude de l’Institut Curie montre que 61% des salariés qui ont été victimes de la maladie se déclarent plus fatigables qu’auparavant. 33% signalent des troubles de la mémoire et de la concentration. Pour ces personnes, la perspective d’un temps partiel peut donc s’avérer tout à fait bénéfique, du moins pendant quelque temps. Le salarié concerné peut ainsi progressivement reprendre son rythme de travail et retrouver ses repères en douceur. Mais attention ! Cet aménagement du temps n’a de sens que s’il s’accompagne d’un véritable allègement de sa charge de travail.

Mieux coordonner le dialogue entre les acteurs

Selon l’étude réalisée par l’Institut Curie, dans 92% des cas, le médecin du travail n’a pas été en contact avec les équipes soignantes. Aussi la visite de pré-reprise, facultative et réalisée à la demande du salarié, n’a lieu que dans 24% des cas. Un tel constat ne favorise pas la réintégration du patient. Tous les acteurs - employeur, DRH, professionnels de la santé - doivent se concerter afin de mettre en œuvre les meilleures conditions de reprise du travail pour le salarié.

Instituer des consultations « après-cancer »

Conformément à ce que préconise le Plan Cancer, des consultations de retour au travail devraient être renforcées. Nos voisins allemands et néerlandais expérimentent déjà ces rendez-vous de façon systématique, avec un dialogue entre médecins traitants et médecins du travail, et la possibilité pour les salariés victimes d’un cancer de bénéficier d’une certaine souplesse dans leurs horaires.

Rédiger un livret d’information

La Direction et le management intermédiaire doivent faire leur possible pour accompagner un salarié encore fragilisé par la maladie, et faciliter son retour dans l’équipe par une communication adaptée. La réalisation d’un petit livret d’information peut faciliter sa réintégration. En effet, ce document peut notamment mentionner des témoignages d'anciens patients qui ont su faire face aux difficultés et aux préjugés, de retour dans l'entreprise. Leur expérience permettra au salarié de mieux anticiper les éventuels problèmes liés à sa réintégration. La guérison d’une personne ne dépend pas uniquement d’elle : c’est aussi à l’employeur socialement responsable de l’aider à se reconstruire psychiquement.

Marie-José Gava, Médiatrice certifiée en résolution de conflits, Journaliste RH
13/05/11
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