Sachez défendre un collègue victime de harcèlement moral |
![]() La prévention du harcèlement moral n’est pas que du ressort de l’employeur, du responsable des ressources humaines et des autres acteurs de l’entreprise. Cela doit être l’affaire de tous, y compris des salariés. Vous êtes témoin d’une situation de harcèlement ? Au lieu de vous voiler la face, comme on a souvent tendance à le faire aujourd’hui dans les organisations, réagissez ! En effet, rester passif ne fait qu’aggraver la dislocation du lien social et favorise les agissements malveillants. Et c'est la porte ouverte au harcèlement... Si vous craignez de témoigner, sachez que la loi de modernisation sociale de janvier 2002 a souligné la notion de protection des témoins. En principe, un témoin de Harcèlement moral ou sexuel ne peut être inquiété, ni licencié. Alerter la hiérarchieTémoigner dans une affaire de harcèlement n’est certes pas aisé ! La difficulté consiste à intervenir en toute discrétion, sans s’attirer de représailles. Si le courage est votre point fort, vous pouvez directement solliciter un entretien auprès de votre manager ou d’un supérieur. Ce dernier sera tenu d’agir. En effet, indépendamment de la véracité des faits, la Direction a l’obligation légale de protéger la santé physique et mentale de son personnel. Une enquête interne pourra alors être diligentée. Rédiger un écrit anonymeUne autre approche consiste à avertir par écrit l’un des acteurs de l’entreprise (responsable des ressources humaines, médecin du travail, représentants du personnel…), sans nécessairement divulguer son identité. Cette démarche suppose toutefois de ne pas proférer d’accusations gratuites ou diffamatoires. La discrétion s’impose : il s’agit d’alerter les acteurs de la prévention sur une situation de souffrance qui dégrade l’ambiance de travail et démotive les membres de l’équipe. Par conséquent, mieux vaut rédiger un écrit le plus factuel possible, dénué de charge affective. Tenez-vous en à ce que vous avez observé : brimades, insultes, agressions, mise à l’écart du groupe, perte de responsabilités, privation de matériel de bureau… Encourager la victime à réagirVous pouvez aussi inciter votre collègue à se défendre, notamment si votre action d’alerte n’a pas donné les effets escomptés. Il se sentira soutenu et l’ambiance de travail n’en sera que meilleure. L’objectif étant d’inciter la personne à sortir de son isolement et à solliciter elle-même des appuis en interne ou à l’extérieur de l’entreprise. Rédiger un témoignage en faveur de la victimeSi la personne fragilisée engage finalement une action en justice, des attestations orales ou écrites lui seront précieuses. Si vous comptez l’aider en ce sens, votre témoignage devra être le plus factuel possible, étayé de dates, de circonstances et d’événements précis. 30/05/11
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