Morosité ambiante au bureau : comment modifier notre regard ?

Un homme sous la pluie

La morosité au bureau n’est pas une fatalité. Elle est surtout affaire de croyances. Croyances sur nous-mêmes et croyances à propos de notre environnement. Opérer un changement de perspective demande un peu de temps, mais c’est à la portée de chacun d’entre nous. Changer notre regard sur le monde. Changer notre regard sur nous-mêmes. Et la vie au bureau devient plus rose !

« Comment allez-vous ce matin ? – Bah, comme un lundi… »

Cette phrase entendue à de nombreuses reprises au détour d’un couloir de bureau symbolise le climat de résignation qui règne parfois au travail. Si ce n’est pas le lundi, c’est le temps qu’il fait, les embouteillages, les informations à la radio, les manies de notre voisin d’open space, la perspective d’une réunion houleuse…


La morosité : une affaire de croyances

Aussi, nous sommes soumis chaque jour à un lot colossal d’informations. Notre cerveau ne pouvant toutes les traiter, il n’en sélectionne qu’une quantité partielle. Cette sélection est propre à chaque individu. Si l’on demande à 10 personnes ayant assisté à la même réunion de décrire ce qu’ils ont perçu, vécu ou ressenti durant ce moment, nous aurons 10 descriptions différentes. Selon la personnalité de chacun, ces descriptions feront état d’un nombre spécifique d’éléments négatifs et positifs. 

Ce qui détermine notre manière si personnelle de voir les choses plutôt positivement ou négativement sont nos croyances. Des croyances que nous avons développées sur nous et sur le monde extérieur tout au long de notre parcours professionnel et personnel.

Si l’on est convaincu que le monde est mauvais et dangereux, la sélection d’informations opérée par notre cerveau va se porter sur tout ce qui pourrait constituer une menace : le regard en biais du chef de service, une convocation soudaine pour une réunion d’urgence, un rapport à faire pour le lendemain…  Si au contraire nous pensons que le monde est peuplé de bonnes choses et constitue une source d’opportunités, nous allons en percevoir les éléments positifs : la satisfaction de voir aboutir un projet de longue date, la créativité dégagée de la dernière réunion de brainstorming, les parts de marché gagnées sur les concurrents…

A l’origine de beaucoup de nos croyances, il y a également les conclusions que l’on tire sans s’en rendre compte de nos expériences vécues. Qui n’a pas vécu cet instant de solitude intense lors d’une prise de parole en public qui se passe mal ? On se met à bafouiller, à chercher ses mots, la voix coincée au fond de la gorge, la bouche sèche, les mains moites. La honte nous envahit. Certains membres de l’audience esquissent un sourire amusé. A l’issue d’une telle expérience émotionnelle nous pouvons en déduire notre incapacité à parler en public. En réalité, nous avons seulement échoué à ce moment là, ce jour là devant ce public là. Notre cerveau a généralisé une expérience unique et nous avons construit une croyance « définitive ». A cause de cette croyance, il y a toutes les chances que la prochaine prise de parole se passe aussi mal, notre cerveau recréant les conditions pour appréhender négativement la situation à venir. 

Apprendre à changer notre rapport à notre environnement

Nous avons ainsi développé au contact de notre environnement et au fil de nos expériences vécues un système de croyances positives et négatives. Mais cela n’a rien d’immuable !

Nous pouvons peu à peu développer notre aptitude à nous focaliser sur nos expériences positives. Chaque existence comporte son lot de petites et de grandes satisfactions, de petites et de grandes victoires, dont il est toujours possible de se nourrir. Se lister nos « faits d’armes »  est un moyen de conditionner notre regard positif : « Sans moi, ce dossier n’aurait jamais abouti », « Quand je me suis battu pour ce plan d’actions, j’ai contribué à sauver un emploi »…

Nous pouvons également apprendre à transformer les désagréments et obstacles du quotidien en opportunités. Un embouteillage ? Une occasion de passer en revue l’organisation de sa journée. Une réunion manquée ? Une occasion de réfléchir à la manière dont on gère son temps. Une remontrance pour mauvais résultats ? L’occasion de repenser son rapport à l’efficacité et à l’exigence.

Nous pouvons enfin apprendre à nous protéger des « pollutions » émanant de notre entourage. Ne plus allumer la radio chaque matin pour écouter les actualités déprimantes. Eviter ce collègue neurasthénique qui chaque matin diffuse son lot de morosité à la machine à café…

Apprendre à changer notre regard sur nous-mêmes

La morosité est aussi, surtout et enfin, une affaire d’image. La manière dont nous interagissons avec le monde qui nous entoure tient en grande partie à l’image que nous avons de nous-mêmes. Lorsque l’on croit quelque chose sur soi en positif ou en négatif, on se comporte d’une manière qui reflète cette chose, on le démontre aux autres en permanence et cela devient une réalité pour eux. Ainsi plus nous avons une bonne image de nous, plus ce qui émane de nous est positif, plus cela influence positivement l’attitude des autres à notre égard.

Nous avons tous eu des collègues avenants, à l’humeur constamment joyeuse. Souvent créateurs de lien social dans l’entreprise (organisation des pots de départ, sorties de fin d’année, projets associatifs), ils suscitent une sympathie naturelle qui leur permet d’obtenir facilement l’adhésion du groupe, voire d’obtenir des choses que les autres n’obtiennent pas (accès à une salle de réunion réservée à la direction…).

Ce qui plaît ou déplaît aux autres est l’image qui émane de notre personne, et cela découle directement de l’image que l’on se fait de soi-même. Travailler sur l’Estime de soi, développer son amour propre, permet non seulement de modifier notre représentation du monde mais génère également de la part des autres un retour positif.

Ainsi, en apprenant à s’aimer, nous devenons le premier des remèdes anti-morosité !

Rodéric Maubras, Coach collectif, spécialiste des équipes en difficultés 
14/11/11
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